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21 juin 2025 • Éditos de la Lettre Éco

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En deux ans, l’Italie a réussi à diviser par deux son déficit public, au point que celui-ci se rapproche des 3 % du PIB. Le Portugal a dégagé un excédent budgétaire en 2023 et 2024. Dans le même temps, le solde public de la France reste négatif de plus de cinq points. L’incapacité à rétablir les comptes publics résulte de la rigidité à la baisse des dépenses et de l’attrition des ressources. La France vit au-dessus de ses moyens. Cela concerne non seulement les administrations publiques, mais aussi les ménages, même si ces derniers pensent le contraire.

Le déficit public alimente celui du commerce extérieur, lequel est également la conséquence d’une insuffisance de l’offre et du volume de travail. Si ce déficit commercial est réapparu au moment du passage aux 35 heures, ce n’est pas totalement un hasard. La France consomme trop par rapport à son potentiel de création de richesses. Il manque dans notre pays entre deux et trois millions d’emplois, et entre trois et quatre milliards d’heures de travail par an, soit l’équivalent de deux heures supplémentaires par actif et par semaine.

Une grande partie de nos difficultés, qu’il s’agisse des retraites ou des comptes de l’État, pourrait être résolue, sous réserve de ne pas commettre de nouvelles erreurs. L’augmentation du nombre d’heures travaillées devrait s’inscrire dans une stratégie gagnant-gagnant. Pour cela, elle doit s’accompagner d’une revalorisation des rémunérations. Les revenus professionnels sont aujourd’hui trop faibles au regard des charges, en particulier immobilières, supportées par les ménages.

Cette logique gagnant-gagnant devrait également être appliquée aux finances publiques. Toute suppression d’un avantage fiscal devrait s’accompagner d’un bénéfice concret pour les contribuables. Aujourd’hui, les gouvernements peinent à supprimer des niches fiscales, même lorsqu’elles se révèlent inefficaces, tant les bénéficiaires s’organisent pour en empêcher la disparition. Toute suppression devrait aller de pair avec une baisse des prélèvements obligatoires et s’inscrire dans une démarche globale de réduction du déficit public. L’objectif devrait être d’appliquer le principe selon lequel un bon impôt repose sur une assiette large et un taux faible. Un impôt plus neutre est, en règle générale, plus efficient sur le plan économique. Or, il est urgent de redonner du souffle à l’économie française, souffle dont l’immobilier, notamment, a cruellement besoin. Il est irrationnel qu’un pays doté d’un fort niveau d’épargne et d’une faible densité de population connaisse une crise du logement. Celle-ci illustre la préférence française pour un malthusianisme structurel. En raréfiant le foncier et en multipliant les normes, on a rendu les coûts de construction prohibitifs, provoquant une chute des mises en chantier. En industrialisant les procédés, il serait possible de créer un véritable choc de croissance. Davantage de logements, c’est plus de pouvoir d’achat, des loyers moins élevés, moins de précarité et une baisse des aides publiques au logement.

En quarante ans, le nombre d’agents de la fonction publique est passé de 4 à 5,6 millions. La masse salariale représente plus de 20 % des dépenses publiques, soit 330 milliards d’euros auxquels il faut ajouter 40 milliards d’euros pour les retraites des anciens fonctionnaires. Sans une maîtrise des effectifs, il sera difficile d’atténuer la dérive des déficits publics. Les collectivités locales et les hôpitaux ont été à l’origine de la grande partie des créations des emplois publics. Pourtant, les Français estiment que la qualité des services publics s’est dégradée, preuve que celle-ci ne dépend pas exclusivement du nombre d’agents mobilisés. Une réduction progressive des effectifs, accompagnée de gains de productivité et d’une amélioration des rémunérations, devrait être engagée.

Les collectivités locales doivent être davantage impliquées dans la réduction des déficits publics et la relance économique. La suppression de la taxe professionnelle a contribué à les éloigner de l’activité économique, le versement mobilité étant le dernier lien entre collectivités et entreprises. Aujourd’hui, de plus en plus de communes refusent les projets industriels ou même la création de nouveaux lotissements, leurs électeurs souhaitant préserver leur cadre de vie. Les maires ont tout à gagner électoralement à rejeter tout développement économique et démographique. Les liens entre collectivités locales et économie doivent être renforcés afin de faciliter la création de véritables bassins d’emplois.

La sortie de la crise des finances publiques suppose de rompre avec l’attrition et le malthusianisme économique en adoptant une politique de libération de l’offre, par la suppression des nombreux obstacles juridiques et fiscaux que la France a érigés au fil des dernières années. Le discours économique s’est concentré sur les grandes entreprises, oubliant que la richesse d’un pays repose aussi sur l’existence de bassins dynamiques de PME et d’entreprises de taille intermédiaire.

Au sommaire de la Lettre Éco de la semaine

La Lettre Éco N°654 du 21 juin 2025

L’édito de la semaine

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Marchés financiers, Épargne, Revenus et Patrimoine

  • Les marchés suspendus à la décision de Donald Trump
  • La Fed en mode attentiste
  • Le tableau de la semaine des marchés financiers

Économie

  • Pétrole : pressions contradictoires
  • L’Europe et son épargne
  • Donald Trump et les limites de la disruption

Conjoncture

  • Stabilité morose pour le climat des affaires
  • Conjoncture : morne plaine pour la croissance française
  • L’épargne n’est pas l’ennemie de la croissance
  • Baisse confirmée de l’inflation en Europe
  • Augmentation de la création d’entreprises en France

Horizons

  • La solo-économie
  • Les leçons économiques de la guerre en Ukraine
  • Les mirages de la réindustrialisation

Graphiques

  • Décélération des crédits aux entreprises en avril
  • Petite hausse des loyers en France
  • Taux de marge des entreprises en France en légère baisse
  • L’immobilier repart à la hausse

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