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26 décembre 2020 • Éditos de la Lettre Éco

Au pied du mur !

Avec la chute du mur de Berlin en 1989, et la disparition de l’URSS, les démocraties libérales, au premier rang desquelles les Etats-Unis, représentaient la forme rationnelle d’organisation politique et économique. Trente ans plus tard, la fin de l’Histoire annoncée par Fukuyama ne s’est pas réalisée. Celle-ci est redevenue tragique avec le retour de l’extrémisme religieux, du nationalisme, des crises économiques et des épidémies. Tant sur le plan économique que sociétal, les démocraties occidentales sont concurrencées par des systèmes autoritaires récusant le libéralisme. Le modèle démocratique est contesté à l’extérieur car il est une source de remise en cause des pouvoirs établis. Les démocraties sont également contestées en leur sein par une partie de la population. L’esprit de consensus qui en est l’une des pierres angulaires est de plus en plus difficile à obtenir aux Etats-Unis comme en Europe. L’émergence, des réseaux sociaux comme nouveau pouvoir met à mal le système représentatif qui peine à jouer son rôle d’intermédiation et d’aiguillon. La violence sociale et politique, qui s’était fortement atténuée ces quarante dernières années, revient en force. Sous couvert d’anonymat, tout un chacun peut déverser son fiel sur la toile et diffamer ses élus, ses professeurs ou ses voisins. Les démocraties sont par nature fragiles car leur légitimité repose sur le droit et la confiance plus que sur la force ou sur une transcendance divine. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’adhésion populaire s’est bâtie sur une redistribution des gains de la croissance ; avec son délitement, ce mécanisme s’est enrayé. Pour maintenir un minimum de cohésion sociale, les gouvernements ont multiplié les prestations sociales qui absorbent, chaque année, le tiers du PIB en France. La socialisation croissante des revenus n’empêche pas le sentiment de défiance de progresser à l’encontre des dirigeants, accusés à tort ou à raison de tout et de son contraire.

L’épidémie de covid-19 est intervenue dix ans après la crise des subprimes dont les stigmates tardaient à s’effacer en Europe. Cette dernière a été vécue, à l’intérieur comme à l’extérieur des pays occidentaux, comme la fin de l’infaillibilité du capitalisme libéral. L’épidémie de covid-19 a conforté l’idée du déclin des démocraties tant sur le plan des valeurs que sur celui de l’économie. La Chine s’enorgueillit d’avoir jugulé l’épidémie en quelques mois quand les pays occidentaux sont à la peine et subissent une série de vagues virales.

2021 sera donc cruciale pour les démocraties occidentales, avec l’arrivée de Joe Biden à la présidence des Etats-Unis et d’un nouveau chancelier en Allemagne. L’épidémie devrait encore marquer de son empreinte le premier semestre avant, espérons-le, de progressivement s’amoindrir avec la montée en puissance de la vaccination. A compter de l’été, la croissance pourrait, enfin, se stabiliser. Néanmoins, nul n’ignore que les sorties de crise sont toujours les zones de tous les dangers, les frustrations accumulées pendant des mois ayant tendance à s’exprimer violement. Le pilotage économique et financier sera déterminant, sachant que sa réussite sera également conditionnée au comportement des acteurs privés que sont les ménages et les entreprises. La capacité à retrouver un minimum d’unité en interne et de coopération en externe sera déterminante pour mettre un terme à la spirale dépressive des démocraties.

Au sommaire de la Lettre Éco de la semaine

La Lettre Éco N°420 du 26 décembre 2020

L’édito de la semaine

  • Au pied du mur

Le Coin des épargnants

  • Le tableau financier de la semaine
  • Les marchés en pleine trêve des confiseurs
  • Le retour en force de l’épargne subie

Le Coin de la conjoncture

  • « Il était minuit moins une »
  • 2021/2023 : années de tous les dangers !
  • Démocratie et économie font-elles encore bon ménage ?

C’est déjà hier

  • Sur la route des 120 % du PIB
  • L’industrie sur un palier avant le deuxième confinement

Le Coin des tendances

  • GAFAM, les Etats se rebiffent
  • Les Français et Internet, le temps de la mobilité et de la lucidité

Le Coin des graphiques

  • L’énergie renouvelable en Europe, un cinquième de la production
  • La protection sociale, avant la crise, tout allait presque pour le mieux
  • Les fonds de pension, une pratique anglo-saxonne

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